Les plaisanciers de La Barque inc.

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Récits du voilier Borée
par Diane Charland, Léo Noel
avec la participation de Indi Noel


L'équipage et le voilier
Borée traverse l'Atlantique en 2005
  - 6 juin 2005 – Gaspé
  - 7 juin 2005 – Anse-à-Beaufils
  - 21 juin 2005 – Îles-de-la-Madeleine
  - 3 juillet 2005 – St-Pierre et Miquelon
  - 8 juillet 2005 – Départ vers les Açores
  - 19 juillet 2005 - Açores
  - 25 au 29 juillet 2005 – Les Açores – de Flores au mont Pico par Indi
  - 8 août 2005 – Départ des Açores vers le continent Européen
  - 21 août 2005 – Brest en France
  - 7 octobre 2005 – Paris
La France en 2006
  - 6 juillet 2006 – Région du Loiret - France
  - 13 Juillet 2006 – Tournus - France
  - 4 Août 2006 - Avignon Près du pont ...
  - 23 août 2006 - Bonifacio
  - 2 septembre 2006 – Nice, Marina dans le port, soleil, 30 degrés
  - 22 octobre 2006 – Québec / Côte d’Azur

L'équipage et le voilier

Capitaine : Léo Noel
Équipage : Diane Charland
Lors de la traversée St-Pierre Miquelon, Acores, Europe, leur fille Indi Noel les accompagnait.
Voilier : Mason 33, mis à l’eau en 1976.

Borée traverse l’Atlantique en 2005

Le départ 30 mai avec un soleil annonciateur de beau temps. Quelques petits papillons au coeur, avec un dernier regard sur le pont de Québec. Du moteur pour une première traversée !!!! à l'île d'Orléans et une courte nuit de sommeil. Levée des corps à 2 heure 30...du matin. Y appelle ça des vacances !!!!!!!!!.. Brrr!!! la température est froide et la nuit noire. Départ, après un déjeuner léger. Tuques, combinaisons, mitaines, et un petit café, Un petit croissant de lune avec cela. Puis les étoiles nous saluent. Pendant que le capitaine tient la roue, je retourne faire un petit roupillon, au chaud, sous les couvertures. Puis vers 7 heures, deuxième déjeuner, et un autre bon café pour réchauffer les corps. Le soleil se montre le nez, le thermomètre monte un peu.

Moteur, moteur, moteur, pas de vents. Je ne me plains pas car la semaine précédente, les vents de 50 à 85 km/hre nous ont bousculés dans la marina, et était contraire à notre route (dans le nez secteur Est).

Moteur, moteur. Avec la marée descendante, ça file en grand, tellement que nous passons devant Cap à L’Aigle, notre destination prévue, et continuons jusqu'à Grandes Bergeronnes où nous rentrons à marée basse, dans le chenal heureusement bien balisé, car sommes entourés d'une mer de roches. Un bel accueil, un bon souper, et chute dans le lit pour une bonne nuit de sommeil. Sauf pour Marcel, un ami qui nous accompagnait: il s'est éveillé en pleine nuit (il dormait dans le lit de quart) car il entendait l'eau qui entrait dans le bateau. Cauchemar… C'était le clapotis de l'eau sur la coque, car le vent se levait. Ouf!! Il a eu une de ces frousses et nous a réveillés, nous a même apeurés !

Au matin, une marche dans les sentiers parmi conifères, sapins, visite au Centre d'interprétation et départ vers 10 heures. Destination Rimouski. Bon vent arrière, arrivée vers 18 heures. Et le lendemain, c'est le paradis de la voile : vent arrière, secteur ouest, voile en ciseaux. L'eau court sous la coque. Mon nombril prend du soleil. Prochain arrêt sera Matane où nos amis Pierrette et Clermont sur Fleurion nous attendent pour partir ; partir, direction Est, Est, jusqu'à ce que nous rencontrions terre...

Puis après le soleil et 3 jours de pluie, autre départ de Matane, vent arrière, soleil, farniente, et marina à Ste-Anne des Monts. Un lendemain sans vent, moteur, soleil, pour Rivière-au-Renard où nous rencontrons d'autres voiliers, partants pour l'Europe dont le Mireille Soucy, La Rencontre, Ecru; et aussi des amis de longue date sur Argo 5. Et le port est plein de bateaux de pêche aux crevettes, turbots.

11 juin, départ pour Gaspé, en contournant la côte du parc Forillon, arbres, falaises, éboulis, paysages verdoyants. Attendons une bonne météo, car les vents sont contraires et il pleut. Temps de canard...

Voilà. Même si ma peur était d'avoir froid, vêtements chauds et chauffage chaque soir à une marina, ont réchauffés la peur et le corps... Côté bouffe, nous avons dégusté les produits de la mer et chaque soir l'épicerie était à quelques pas. On embarque encore des provisions pour la grande traversée après escales aux Îles de la Madeleine et à St Pierre et Miquelon.  A bientôt. Diane, Léo sur Borée.

6 juin 2005 – Gaspé

Hello, attendons les bons vents à Gaspé, encore et encore. Selon météo, chance que le vent tourne et ne soit plus dans le nez; et pas de pluie, les changements sont seulement prévus pour samedi. Nous faisons quelques bizounages : travaux, améliorations, vis ici, ajustement là, dont la table de cockpit !!! Avons trouvé un café très chaleureux avec toutes sortes de super bons cafés et Internet gratuit. Moi qui ne prenais que peu de stimulant, me voilà accro.

A Gaspé, 7 jours d'attente puis un vent de NE modéré; départ,après le plein en eau potable (50 gallons) et en diesel (autonomie de 100 heures). Quelques heures et nous voilà en train d'admirer le rocher Percé sous tous les angles avec des milliers d'oiseaux qui batifolaient et plongeaient dans l'eau foisonnante de plancton et de poissons, pendant que baleines venaient nous montrer leur dos,que les phoques sortaient leurs nez curieux. C'était époustouflant avec Borée à voile dans cette mer. Arrivée à L'Anse à BeauFils, nous y resterons 2 jours à l'épaule de Fleurion et de La Rencontre (petit voilier Mirage 25 pieds dont le capitaine, Yves de Dolbeau, s'apprête à faire la traversée de l'océan Atlantique en solitaire).

7 juin 2005 – Anse-à-Beaufils

Le vendredi, Line, une amie de Fleurion nous a invités ! Pour déguster du homard frais du jour, dans une jolie petite maison de Percé, avec vue imprenable sur le rocher et l'île Bonaventure, avec clair de lune en prime.

Lundi le 20 juin, nouveau départ, vers les Îles de la Madeleine, avec 25-35 nœuds de vent, au près bon plein, bien sec grâce au dodger et à l'autohelm (gouvernail automatique) ; mais Borée s'est fait mariner sous les embruns qui s'élevaient et retombaient en splash nombreux et retentissants.

21 juin 2005 – Îles-de-la-Madeleine

Arrivée le lendemain, avec un équipage fatigué après 20 heures de voile, tôt au petit matin, aux îles/à l'Étang du Nord, (Fleurion, La rencontre et Argo V, nous y rejoindrons quelques minutes plus tard); puis le surlendemain, une superbe journée de voile, vent arrière, puis bon plein, puis dans le nez avec fortes vagues, pour le chenal balisé, et arrivée à la marina de Havre Aubert. Accueillis par Marcel et Elfi, amis de longue date, qui nous prêtent un véhicule pour notre séjour, les visites et les courses.

Aux îles, nous avons goûté aux produits de la mer, homards, pétoncles, poissons: délicieux et toujours frais du jour. C'est merveilleusement joli avec toutes les petites maisons colorées et éparpillées à travers sable, dunes et plages, coteaux, sous fond de ciel bleu et de verdure. Les madelinots sont très hospitaliers; ils ont toujours du temps pour nous faire la jasette avec leur accent riche et coloré. Ils veulent tout nous donner, même un rhume carabiné.

Le petit voilier Mirage 25 pieds La Rencontre, avec son capitaine Yves (rencontré.. depuis Matane) est parti pour Les Açores, le 24 juin. C'est avec des papillons au cœur que nous avons salué son départ sous voile. Il n'a qu'un petit moteur hors bord et il part avec une météo annonçant des vents secteur Est !!!!.

Nous attendrons notre fille Indi qui arriva le 28. Attente par la suite d'une météo favorable pour continuer le voyage vers St-Pierre et Miquelon.

3 juillet 2005 – St-Pierre et Miquelon

Tous les jours, Léo et Clermont (Fleurion) sortent cartes météo, écoutent la météo, parlent météo, vont voir la météo sur Internet, tout juste s'ils ne dorment pas avec des cartes météo sous l'oreiller. Et voilà, le 3 juillet, après 11 jours aux îles, c'est le départ, après le largage des amarres par nos amis. Direction est, bons vents pour 4 heures, puis vents faibles; affalons les voiles et moteur pour 40 heures. Ce fut une traversée facile, mais froide (aux environs de 13 degrés centigrade), puis Borée et Fleurion ont contourné par le nord, entre Miquelon et l'Île de St-Pierre, au lever du matin, et sont rentrés dans le port, tuff, tuff, tuff... mer d’huile, soleil éclatant, ville à contre-jour, pas de bruits.
 
C’est superbe. Surprise. Nous ne nous attendions point à des îles rocailleuses avec peu de verdure. Le paysage est dénudé mais les maisons sont agglomérées autour du port et c’est en France.

Sortons notre drapeau jaune sur tribord, pour signaler notre arrivée, que nous sommes en santé, et que nous désirons faire les douanes Accostage, petit dodo et boum boum sur le pont, arrivée des officiers de l'immigration et plus tard de la douane. Voilà nous sommes en règle. Descente du drapeau jaune remplacé par le drapeau français. Et vive la France.

A la marina, parmi les bateaux visiteurs, il y a un voilier suisse Acrux et son capitaine que nous avons rencontré il y a 30 ans, en Martinique. Super! Extraordinaire! Il arrive directement de la Guyane après 5 semaines non-stop, de mer. Il y a aussi 3 autres voiliers français, qui arrivent des Antilles, dont un sans moteur mais il a une godille!

Nous attendons encore météo et vents favorables, tout sauf du vent d'Est. Nous partirons peut-être vendredi!!!! Oups, on ne doit pas partir un vendredi, vieille superstition !!! Et ce sera les bancs de Terre-Neuve et leur mauvaise réputation, puis la mer pour 10 à 15 jours, et les Açores!

Nous nous souhaitons bons vents, bonne mer, et bonne traversée...et surtout pas de tempête... À la grâce de Dieu! Bye Diane, Léo, Indi sur Borée.

8 juillet 2005 – Départ vers les Açores

Vendredi!!!!!! (selon superstition de bateaux, on ne devrait jamais partir ce jour) Vers midi, après les provisions fraîches des derniers jours, légumes, fruits, pains recuits, oeufs non réfrigérés, nous laissons le quai pour les Açores,1200 miles est. Une heure après la sortie du petit port, Fleurion disparaît sous voiles, dans la brume, tel un vaisseau fantôme. Au matin, après nuit de voile, léger éclaircissement, percées de soleil dans la brume. Nous avançons dans la ouate, scrutant le rideau de brume.
 
Grâce à la scopolamine, Diane et Indi, s'alimentent assez bien..Humm.. des bons croissants pour déjeuner. Les deux premiers jours à voile, moyenne de 150 miles. Fleurion est à quelques miles, et selon la brume, on le voit, on le voit pas. Mais avec la VHF, nous lui parlons et les capitaines discutent météo, après l'avoir écouté sur les ondes courtes (Clermont sur Fleurion, a aussi la météo par radioamateur et le réseau du capitaine).
 
Les jours passent, nous faisons nos quarts, dormons, mangeons léger et souvent, lisons, surveillons, dormons encore, siestons, et apprenons des mots portugais. Le temps passe au rythme du vent et de la mer. Pendant les 2 premiers jours, donc voile,vents de travers, brume, temps froid et humide, les 3 jours suivants, brume, vents sud-est faible, dans le nez, puis 4 jours de calme plat, vagues,moteur. Il fait enfin chaud avec la rencontre du Gulf Stream.
 
Nous n'avons plus besoin de scopolamine, heureusement car Indi avait des problèmes de vision et l’utilisation maximale est de 2 minis dispositifs cutanés successifs qui durent chacun 3 jours (voir un médecin avant d’utiliser). Le reste du voyage, quand le besoin se fera sentir de... anti léo-le-coeur, nous prendrons un quart, un demi, un gravol.

Les deux derniers jours, vents favorables 18 à 25 noeuds, près bon plein, gîtés, embruns, on marche sur les murs, mais ça file en grand, et vive la soupe poulet et nouilles = facile à digérer et seule chose qui passe…

19 juillet 2005 - Açores

17h 30 à notre heure, 19h30 heure aux Açores, nous arrivons à Lajes, port de l'île de FLORES, après une approche sublime, de cet île volcanique; montagnes, reliefs escarpés, anciens volcans, petites maisons blanches aux toits orangés, et verdure, verdure. Voyons déjà les séparations de champs par des haies d'hortensia. Magnifique après 11 jours et un quart de mer, à ne voir que de l'eau et rencontres de quelques bateaux comptabilisables sur les doigts des deux pieds ; et dans les 5 premiers jours de brume, nous ne les voyons pas, mais nous étions contents d'avoir un radar pour être nos yeux; nous l'utilisions aussi pour essayer de trouver Fleurion lorsqu'il était à plus de 3 miles et moins de 5 miles, et aussi pour évaluer la distance des gros bateaux la nuit, ils paraissaient toujours plus près qu'en réalité.

Moyenne journalière de 105-115 miles nautiques par jour, 140 heures de moteur (dû pour un changement d'huile), reste encore quelques fruits et légumes, un pain recuit, et plein de conserves. Nous n'avons point attrapé de poisson mais avons admiré beaucoup de dauphins qui venaient courser avec Borée, des oiseaux qui la nuit venue, piaillaient et volaient autour du voilier !!, des poissons qui sautaient, des traînées de plancton phosphorescent à la poupe,des couchers et des levers de soleil différents,et des baleines dont une qui avait une course contact à 5 pieds de l'étrave coté bâbord,puis a plongé, et est ressortie sur tribord à quelques pieds. Indi a bien ri de ma réaction car je suis resté figée comme une statue de sel !

Depuis notre arrivée, nous avons rencontrés d'autres équipages, québécois, français, américains, anglais, canadiens. Environ 9 voiliers au mouillage qui est paradisiaque ; par contre la semaine précédente, les vagues chahutaient les bateaux, à cause des vents secteur Est.

Nous avons visité une bonne partie de l'île, avons baigné notre corps dans une chute (sublime après l’eau de mer), transporté du diesel, fait le lavage à la main, monté au village quérir du pain et quelques fraîcheurs après l'arrivée du bateau ravitailleur, soupers sur un bateau, à la plage, au resto de Paula, baignades, ravitaillement en eau et diesel (avec des jerricans car trop de vagues au quai), quelques retouches de peinture, course anti-moisissure.

La première journée fut pluvieuse mais maintenant le temps est chaud, ensoleillé, humide, et un grain de temps à autre (ça désale..)

Lundi, devrions repartir de nuit pour Hortas, 100 miles vers l'Est. Au revoir..... Diane, Léo, Indi sur Borée.

Pssst…Depuis 3 jours, sommes dans un beau mouillage au sud de Flores au nord-ouest des Açores. Le beau temps et la chaleur y sont installés. Nous nous croirions aux Antilles.

25 au 29 juillet 2005 – Les Açores – de Flores au mont Pico par Indi

Nous sommes partis de Flores lundi matin vers 10h30. Il y avait toute une vague…(les restes des vents forts de la veille) d’environ 10 pieds, elle arrivait trois quarts arrière. Au début nous allions à 7-8 nœuds. Nous avions mis la ligne de pêche à la traîne et une Dorade de 27 pouces s’y est fait prendre…. Et …remonter un poisson dans une vague pareille et ralentir le bateau de sa vitesse folle à cette allure, c’est du sport. A la nuit venue, nous avons très peu dormi, vu le brassage, et nous avons atteint Horta (île de Faial) vers midi le lendemain. Nous nous sommes retrouvés à couple d’un autre bateau inhabité, sur le quai de ciment, et Fleurion est venu se mettre sur bâbord. La marina est vraiment pleine. Il faut dire que c’est la ville des Açores! où tous les voiliers arrêtent soit qu’ils viennent des Antilles, des Etats-Unis, du Canada, et tous y passent un certain temps…soit pour relaxer, ou pour faire provisions et réparations et attente de la météo favorable. Bref tout le monde s’y barre un peu les pieds et y passe plus de temps que prévu.
 
Le lendemain nous avons cherché un quincaillerie pour trouver des adaptateurs pour le tuyau d’arrosage et l’électricité, fait un peu de lavage (à la main et suspendu sur la filière), rempli les réservoirs d’eau, rincé le bateau à l’eau douce (il s’était bien fait saler!), pris une bonne douche chaude. Nous sommes ensuite allés prendre l’apéro au Café Sport Peter, un incontournable des gens de bateaux. C’est un minuscule pub au bord de la baie, tout fait de bois qui a vu défiler des voyageurs depuis…des lunes. Peter, un ancien chasseur de baleines, accueillait autrefois les aventuriers, qui s’étaient risqués de traverser l’Atlantique sur leur bateau, d’un bon verre au frais de la maison. Il faut dire qu’en 1972, seulement 59 bateaux (Dont Léo et Michel Bernier sur Zorba !) s’arrêtèrent aux Açores….et par le fait même chez Peter. Chacun y laisse un objet, souvent un drapeau marqué du nom du bateau et de l’année de l’escale. Ils y sont encore tous….sauf ceux qui se sont probablement désagrégés au fil des ans (Nous n’avons pas retrouvé celui laissé par Léo et Michel en 1972, ni par Diane et Léo en 1976, mais nous avons vu celui laissé par Michel en 1992). De nos jours, il passe au dessus de 1000 bateaux par année aux Açores et la tradition se poursuit. Autre tradition de Horta; les bateaux de passage peignent sur les murs et quais de béton le nom de leur bateau et l’accompagne d’un dessin…il y en a tellement (peut-être 10000, ou plus!) dont quelques œuvres d’art. C’est très coloré! Ceux qui reviennent, redonnent de la couleur à leur œuvre originale et ajoutent l’année de leur second (parfois 3e, 4e, 5e etc.) passage…comme quoi on y revient! Le dessin 1976 de Borée existe encore et a été rafraîchie.
 
Le surlendemain de notre arrivée, nous avons préparés les sacs pour aller sur l’île de Pico et grimper sur le volcan (éteint …bien sur!). Nous avions planifié d’y passer la nuit dans une grotte…c’est ce que Clermont et Pierrette de Fleurion avaient fait il y a une dizaine d’années. Ces derniers ne nous ont pas accompagnés, mais Claude et Michèle (du voilier québécois Ecru) ont partagé le voyage avec nous. Nous avons donc pris le traversier de 10 heures avec nos sacs à dos remplis de bouffe et de sacs de couchage. On n’avait pas vraiment prévu cette randonnée, donc nous étions chaussés de simples espadrilles et nos sacs à dos n’avaient pas grandes ressemblances à des sacs d’expédition. Après le traversier et un petit dîner, nous sommes partis... Le taxi nous a conduit à 1200 m d’altitude, et nous avons entrepris la grimpe. Au début on s’arrêtait souvent, pour de petits ajustements de sacs à dos.

Assez rapidement les pauses ont été plus rapprochées…les sentiers étaient maintenant couverts de lave et vraiment abruptes. Et puis nous étions dans la brume….nos seuls points de repère étaient les bornes placées de façon régulière sur le parcours…parfois on devait deviner l’emplacement de la prochaine. Va pour la vue. Les gens qu’on rencontrait avaient tous l’air épuisés et semblaient tous vouloir nous décourager; on voit rien en haut, vous allez voir c’est facile ici à comparer à plus haut, monter c’est rien…attendez de redescendre!!! On se demandait qu’est-ce qu’ils avaient tous, à croire qu’ils essayaient de nous démoraliser! Nous nous sommes rapidement rendus compte qu’ils avaient raison. C’était vraiment difficile. Ça montait tellement! On a pris notre temps, beaucoup de pauses…on rigolait bien, racontait des histoires et tout. Les derniers 200-300 mètres ont été plus silencieux. On croyait ne jamais arriver en haut et l’altitude se faisait de plus en plus ressentir. Enfin nous avons atteint le sommet après 5 heures de grimpe (2351 m d’altitude, ce qui en fait le plus haut sommet du Portugal, les Açores appartenant à ce pays).

D’un coup on s’est retrouvé juchés sur le bord d’un cratère d’une cinquantaine de mètres de haut et d’un demi km de diamètre…de quoi pour terminer de nous couper le souffle! Nous avons cherché aux alentours une grotte pour établir le campement. Nous ne sommes pas allés loin, nous avions faim. On s’est fait un petit campement temporaire derrière un roche, a l’abri des forts vents et avons engouffré fromage, rillettes de canard à l’armagnac, huîtres fumées, thon en boite, pain (bien sec!) et une bouteille de vin (faut le faire!) …..tout était délicieux (même les huîtres fumées dont je ne raffole pas vraiment étaient succulentes). Puis nous avons entrepris de chercher où dormir….pas facile dans de la brume à couper au couteau….

Nous sommes descendus dans le cratère et nous nous sommes rapidement convaincus que! nous n’allions pas vraiment trouver de grotte…enfin…pas de grotte selon la définition que nous avions de grotte. Ce que nous avons trouvé de mieux était, probablement, le résultat d’une grosse bulle de gaz qui a été emprisonnée dans la lave et dont une partie du toit s’est écroulé. Un bulle qui remplie aux 7 huitième de sable noir…il restait environ 6 pieds de large et 7-8 pieds de long et 1-2 pieds de haut!…l’entrée était sur le dessus à une extrémité et mesurait environ 4 pieds par 2 pieds….Nous avons réussi a ériger une tente au dessus du trou avec des plastiques présents sur le site, des toiles (de voiles!) que nous avions heureusement pensé apporter et nos bâtons de marche. Évidemment toutes les têtes devaient être près du trou…même sans être claustrophobe c’était impensable d’avoir la face si près du plafond, même si nous aurions gagné en largeur. Nous étions à la fois enchantés de ce que nous avions réussi à faire avec si peu (de vrais Flintstones) et …découragés de devoir dormir! à cinq là-dedans! Mais heureusement nous avions gardé le moral, de toute façon, il n’était pas question de redescendre de soir! Il bruinait tellement que nous étions plus ou moins trempés.

On avait un peu peur de frissonner toute la nuit, mais une fois le lit préparé nous avons vite compris que nous n’allions pas avoir froid à 5 personnes dans à peine 6 pieds de large. Nous utilisions les 3 sacs de couchage comme couverture et les couvertes comme matelas. On arrêtait pas de se dire : Gang de Malades ... et on comprenait de plus en plus pourquoi Clermont et Pierrette n’avaient pas voulu refaire le trip (on s’imaginait bien que la grotte où ils avaient dormis n’était pas celle-là…ils nous auraient avertis quand même!)! Et puis, l’humidité était tellement élevée que l’eau dégouttait du plafond…mais c’était pas si pire…on n’arrêtait pas de se dire que c’était vraiment mieux que de dormir dehors. Il fallait entrer, un à un, et se coucher pour laisser les autre entrer. Nous n’avions même pas l’espace pour nous coucher sur le dos…tout le monde en cuillère et, s.v.p., dans le même sens. Couché sur le coté sur de la terre dure avec des petits cailloux, cela fait drôlement mal aux hanches. Et puis quand on se tournait de bord il fallait au moins qu’un voisin suive…sinon ç’était impossible. On ne pensait pas être capable de dormir ainsi…malgré la fatigue extrême. On n’arrêtait pas de se dire; c’est pas possible!, on va s’en souvenir. Contre toutes les attentes nous nous sommes endormis … Puis vers minuit Claude s’est esclaffé… « Bon désolé, c’est moi le premier couillon qui doit vous déranger pour aller pisser! ». Alors, un a un, nous avons mis nos souliers, sommes sortis (nous en avons tous profiter pour faire une petite pisse, question de ne pas répéter l’opération) et sommes rentrés…un à un. Qu’est ce qu’on pouvait faire d’autre que d’en rire?…

Le sommeil a été plus difficile dans la deuxième partie de la nuit. Nous n’étions plus aussi assommés de fatigue et puis il commençait à pleuvoir. L’eau a commencé à s’infiltrer dans les fissures et nous dégoutter dessus. heureusement nos sacs de couchage étaient relativement imperméables. Nous n’étions donc pas trop mouillés. Mais tranquillement l’eau s’est accumulée au niveau de nos pieds…puis a trempé notre matelas de fortune. Nos cinq corps réchauffaient bien le petit espace et donc nous n’avions pas froid. Ça allait encore. Puis à un moment je me suis tournée un peu et j’ai laissé tomber mon bras le long de mon corps…dans mon sommeil j’ai entendu en petit plouf. Je me suis alors éveillée pour me rendre compte que, de mes pieds jusqu’à mon ventre, le côté droit de mon corps baignait dans presque 1cm d’eau! Je ne pouvais pas croire que je dormais là-dedans depuis un certain temps! Là je me suis dit…. c’est assez. Je suis sortie m’asseoir dans l’entrée, mon manteau sur le dos, un autre manteau accroché au passage par dessus, et je me suis appuyée au mur de roches, sous un bout de plastique, en petit bonhomme. Je grelottais mais je me disais que les autres auraient au moins un peu plus d’espace. Déjà trempée, Diane s’est poussée un peu vers mon spot… encore plus détrempé que le sien. A défaut d’être au sec ils ont eu un peu plus de place. Diane est vite venu m’accompagner…avec un sac de couchage…ensuite Claude ¨pas bouger comme ça, cela rend fou ¨ dit-il. Nous nous sommes entassés sous le bout de plastique à l’extérieur, avons allumé une chandelle et avons grignoté en attendant le lever du soleil. On s’est passé lait de soya au chocolat, la purée de pommes à même les contenants, les biscuits, les abricots séchés, les barres tendres partagées…échanges de microbes garantis…mais boff, après avoir dormi en cuillère à cinq…pourquoi pas!

La clarté est arrivée vers 6 h et nous avons vite plié le camp pour remonter sur le bord du cratère et voir le lever de soleil. heureusement il n’y avait pas de brume. Ç’aurait été décourageant de ne rien voir du panorama après tous ces efforts! Nous pouvions voir les autres îles dans l’océan qui était vraiment calme. C’était époustouflant, grandiose, superbe. Pico est une bien petite île pour avoir un si haut volcan. Nous aurions pu grimper sur un petit volcan très étroit sur un bord du gros cratère…ça représentait 45 min de grimpe….un autre 200-300 m. Mais vraiment personne n’en n’avait l’énergie. De toute façon nous étions bien satisfaits de l’aventure et de la vue. Nous avons entamé la descente, coté ombragé de la montagne (pas par choix, mais parce que le sentier était de ce côté)…Doucement…nous nous sommes arrêtés quelques fois! pour grignoter et tout a bien été sauf pour Michèle qui s’est foulé la cheville pour la première fois de sa vie…elle a pu descendre jusqu’en bas, mais 2 heures plus tard elle ne pouvait plus marcher!

De retour au bateau : une bonne douche, un bon spag et un bon lit! Quelle aventure! Indi

Restons à Fayal encore pour quelques jours encore, visite, provisions, etc…puis sauterons d’île en îles jusqu’au 15 Août, départ pour la Bretagne (12 à 15 jours de mer). D’autres nouvelles suivront. A la prochaine Diane Léo Indi

8 août 2005 – Départ des Açores vers le continent Européen

Nous voilà presque prêts à repartir. Si la météo se maintient (quelques jours secteur ouest), devrions partir le 10 août pour la Bretagne avec possibilité pour le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre, si nous avons trop de vents d’Est.
 
Prévisions de 12 à 15 jours de traversée. Nous verrons. Clermont sur Fleurion ne devrait pas être trop loin, si les vents sont faibles car autrement nous n’avons pas les mêmes vitesses de coque (à suivre sur le réseau du capitaine).

Sommes à Terceira, après Flores, Faial, Sao Gorge. Ce sont de très belles îles, de montagnes, de volcans, falaises abruptes,champs en terrasse entourés de milliers de murs en pierres et fleurs, avec des petites villages accrochés ici et là. A voir.

A Faial et Terceira, de très modernes marinas avec service pour 10 à 11 dollars par jour, douches à 2,50$ avec serviettes fournies, Internet disponible. A Sao Gorge, la ville fournissait des moorings (à nous de vérifier la solidité !) gratuitement, un quai à dinghys, eau.

La dernière traversée de Sao Gorge à ici, Angra de Heorismo sur Terceira, fut à moteur, vents dans le pif, estomacs rebiffés, vagues désordonnées, 6 à 7 heures. Et puis arrivée dans une ville fortifiée très ancienne. On se croirait dans le vieux port mais quelques siècles auparavant. L’église visitée hier datait du quatorzième siècle. Très vieilles pierres…

Depuis notre arrivée aux îles, très chaud 25 à 27 et 2 jours de pluie. Des épiceries avec de tout mais des produits différents. Des fruits et légumes dont la majorités sont importés, des cafés con leche savoureux. Le prochain message sera de L’Europe. Salutations à tous. Les Boréens.

21 août 2005 – Brest en France

Hello, nous voilà rendus chez les français….les bretons plus spécifiquement.. Tonnerre de Brest!

Départ des Açores, vers 10 hre le 10 août. 1100 milles pour la Bretagne. Quelques heures plus tard après avoir longé l’île de Terceira, nous avons pêché une belle dorade de 31 pouces. Branle-bas pour la remonter à bord et en faire profiter Fleurion…la passe de l’épuisette dans la vague…

Et ce fut plusieurs jours de vents Sud-Est faibles. Nous commencions à trouver le temps long. Dodo, lecture, manger,quart de surveillance, soleil.…Petite routine.

Le 14, vents secteur est de 14 à 18 nœuds dans le nez. Mais encore un certain confort…Puis peu de vent, voile et moteur.

Le 17 août, nous pêchons un grouper (bizarre sa présence en haute mer mais nous avons un livre nous informant si les poissons peuvent être mangés) qui finira dans nos estomacs. Délicieux et frais du jour.

Nous réussirons à en refiler une bonne partie à Fleurion avec un lancer léger.

Le lendemain, vent secteur est, dans le pif….25 à 32 nœuds. Rock and Roll ce fut. La position couchée était la plus confortable en dehors des quarts de surveillance. Le voilier tanguait, roulait, sautait, se couchait sur le coté. Les objets non arrimés se retrouvaient sur le mur opposé. Pafff… une baffe sur bâbord, Les embruns dégoulinaient sur pont et cabine, accompagnés de coups de canon. Réussissions tant bien que mal à dormir, bien coincés sur la coque avec coussins, oreillers. Indi, dormait derrière la table. Elle avait récupéré la planche matrimoniale pour ne pas tomber en bas de la banquette. Elle a passé 2 jours là, ne sortant que pour aller à la toilette et faire ses quarts. Je lui demandais si elle n’avait pas des plaies de lit…Borée filait toute allure avec un grand sourire sous l’étrave….Et nous avions hâte d’arriver.

Durant ce coup de vent, nous avons perdu Fleurion de vue et de contact VHF.

Le 20 août, approchons de Brest avec 15 à 20 noeuds de vent travers, bon plein. Arrivée à la marina où la capitainerie nous dit de prendre n’importe lequel quai sur les brise-lames. Pas de fond à notre premier choix, Borée s’échoue. heureusement la marée monte et avec déplacements de nos poids, on se sort de là et on prend un autre quai.

Ouf sommes arrivés. Un petit coup de brandy Metaxa, une visite à la capitainerie, une douche combien appréciée….Retour sur Borée, qui mérite bien de se faire désaler…nous aurions pu ramasser le sel pour cuisiner. Puis changeons l’heure, ajoutons 2 heures et c’est l’heure de souper….Un bon spaghetti avec sauce–maison et fromage des Açores (adieu mal de mer). Quel délice, arrosé d’un bon vin français acheté au Québec !!!

Et nous pouvons enfin marcher sans se retenir sur les murs, table, mains courantes. Plus d’embrun, plus de vague, plus d’humidité collante. La fatigue nous appelle : une seule idée, dormir, dormir…Que cette nuit sera tranquille et reposante…Léo s’est déjà endormi. Pas de partie de cartes ce soir.

Programme pour demain, l’épicerie, la ville, Internet, lavage ….et changer de côté du quai, car la vague inconfortable nous drosse sur le quai…

Et voilà. Sommes en Europe après une traversée de 10 jours. Salutations de l’équipage fatigué mais heureux de Borée. Diane Léo Indi. A la prochaine.

Mercredi le 7 octobre 2005- Paris

Oui, nous voilà rendus à PARIS après environ 3300 miles nautiques à 5 nœuds et en 5 mois.

En septembre, après des visites touristiques en France, puis en Suisse, pour y vivre le cirque et voir notre fils Hugo et sa copine Émilie, y voir les montagnes, les maison suisses, le Lac Léman, les glaciers, les routes sinueuses près des précipices, les tunnels, ce fut un retour sur Borée après 3000 km d’auto en 10 jours, avec les 2 sœurs à Léo. Nous avons réembarqué sur Borée, contents d’être de retour à la maison, sur notre petit quai à Rouen. Fleurion arrive ; Plus d’un mois depuis notre dernière rencontre. Ce sera la fête et des histoires à conter.

Prochaine étape, monter sur Paris par la Seine, 275 km et 7 écluses. Ce fut une navigation avec les centaines de péniches de transport qui nous dépassent, nous croisent, les petits villages, les forêts qui commencent à rougir, la Seine qui se contorsionne,les nombreux ponts,les châteaux, les zigzags, les 6 bassinages (éclusages). Les marinas sont difficiles à trouver. Quelques haltes nautiques qui ne sont qu’un quai pour s’amarrer et quelques fois marina avec électricité pour se réchauffer. Le niveau de la Seine est bas. Le temps est frais et pluvieux.. Nous avons sorti gants et tuques.

Puis dans un des nombreux méandres de la rivière, nous découvrons le ciel de Paris (avec du smog). Puis soleil et ce furent les nombreux ponts, la Tour Eiffel,le Louvre, Le grand Palais, Le petit Palais, Notre-Dame de Paris, les nombreux bateaux-mouches. Mais heureusement la saison touristique étant avancée, nous n’avons pas été bousculé et avons navigué Paris sur Seine à notre rythme. Nos yeux ne savaient plus où poser le regard : tellement de beautés, statues, ponts, édifices, jardins, sculpture…

Ayant traversé la ville, nous nous sommes présentés à l’écluse pour entrer au Port de plaisance de Paris L’Arsenal, 5 à 8 pieds plus haut ; de là nous apercevons la Bastille. Nous sommes en plein cœur de Paris. Super, excitant, époustouflant….

Voilà, nous attendons Hugo et Émilie qui arriveront demain (vite trouvons l’épicerie!!!) et ne passeront qu’une semaine car Hugo a un contrat de 3 mois en Finlande Puis nous visiterons Paris et les environs. Dans trois semaines, retournerons sur nos pas dans la Seine pour placer Borée au sec, en gardiennage, à Port L’Ilon. Rentrerons au Québec par la suite le 8 novembre par avion…en quelques heures seulement… Encore un mois de découvertes et vivre dans le cœur de Paris sur son propre bateau, quelle expérience!

Ce soir repas-grillades communautaires avec les gens de la marina, locaux vivants sur leurs bateaux et itinérants québécois, américains, anglais, allemands, norvégiens, espagnols… Au revoir. Les Borée.. Diane et Léo

De fait Borée fut laissé dans l’eau au Port de Nogent sur Marne, marina au sud de Paris à environ 15 km, accueil chaleureux et sympathique de M. Bovais et Fahima. Hugo et Emilie y passeront quelques semaines au printemps,durant leur visite de l’Europe, un bon pied à terre!!

Juin 2006 - Paris

Eh oui! Un vol de quelques 6 heures (au lieu de 22 jours en voilier en 2005) au-dessus du majestueux océan Atlantique, nous voilà en terre de France. Douane très longue sous les 20 à 25 degrés centigrade de chaleur, métro, train de banlieue, petite épicerie (car sommes déjà chargés de bagages (vive les sacs à dos) et Borée est là, notre voilier Masson 33, au beau port de Nogent, situé à environ 7 Km du cœur de Paris. Nous en avons repris possession vers 15 heures, heureux et soulagés de le retrouver tel que laissé, dans ses lignes de flottaison, pas de trace d’eau ni d’humidité à l’intérieur. Un bon spaghetti, une bouteille de vin des Açores et dodo, bercés, pour les 12 heures suivantes : récupération du décalage horaire.

Le lendemain matin, baguette française, banane et tartinade maison (de l’an passé), ménage, un saut à l’épicerie. Et voilà de la visite. Ma petite sœur Dominique et son conjoint Pierre arrive à vélo. Ils sont partis de Hollande début mai, temps des tulipes, puis quelques jours plus tard, Domi a fait un séjour de trois jours à l’hôpital pour possibilité d’appendicite. Laparoscopie et diagnostic de parasitose intestinale. Grosse pilule nom inconnu. Les assurances voyages ont pris en main les coûts. Repos puis retour sur la route. Hollande, Belgique pluvieuse, Allemagne, Suisse. Les mollets sont formés (environ 35 kilo de bagages dont la tente. Le soleil les a brunis. Puis des régions montagneuses de la Suisse, ils ont pris le train pour Paris, et les voilà à bord.

Vie de bateau, vie de repos. Sommes retournés saluer La Grande Dame (Tour Eiffel), puis l’Arc de Triomphe, dîner aux Champs Elisées, retour en metro. Zut! il n’arrête pas à notre arrêt et devons descendre et revenons sur nos pas en metro après une longue attente, arrivée tard, mangeons à l`heure des français et dodo pour 8 heures après bon vin et table gourmande.

Le lendemain, nettoyage de l`intérieur et de l`extérieur (légère couche de poussière noire), Hugo notre fils et Emilie, sa copine ayant déjà nettoyé les fientes d`oiseaux, il y a quelques semaines lorsqu’ils sont venus vivre sur le voilier et avant leur retour au Québec début juin. Merci à eux, car les oiseaux avaient pris notre mât couché pour un perchoir de 39 pieds de long. Et la vie a bord, continue. Partirons dans quelques jours pour rejoindre la Seine, direction sud, quelques 200 écluses pour rejoindre la Méditerranée.

Voilà notre programme. Il fait présentement 28 degrés, beau soleil, mais les nuits ont été fraîches heureusement. Alors nous vous souhaitons du beau temps et profitez-en. Donnez des nouvelles. Diane et Léo sur Borée, Nogent sur Marne

6 Juillet 2006 – Région du Loiret - France

Nous voilà dans les canaux européens qui courent de long en large,de haut en bas, couvrant de vastes régions, avec villages, châteaux, lacs, étangs, rivières. Nos yeux débordent, de couleurs, de paysages. La faune et la flore sont diversifiées, mais ressemblent à celle de Québec, Les villes et jardins et canaux sont fleuris à merveille, mais par contre, dans plusieurs tronçons, nous naviguons en pleine nature presque sauvage, arrêtant le midi et pique-nique au fromage français, baguette et rillettes.

Avec ma soeur Dominique et son conjoint Pierre, le 26 juin, nous avons quitté notre port d’attache hivernal de Nogent sur Marne /marina nous avons été très bien reçu et y avons laissé des amis. Et depuis nous voyageons pénard sur les canaux, avec environ une dizaine d’écluses par jour à traverser.

Nous montions ou descendions d’environ 2 à 4 mètres à chaque éclusage et quelques fois cela ressemble à des escaliers; ce ne fut pas toujours facile car dans certaines écluses, il y a beaucoup de turbulence causée par l’arrivée rapide de l’eau par les vannes. Nous apprécions la présence de nos 2 équipiers quand l’éclusage était mouvementé par le remplissage. Nos défenses (ballons absorbeurs de coups), se faisaient aplatir par la poussée de l’eau sur le bateau. Plusieurs écluses étaient automatisées ce qui veut dire que les portes s’ouvraient quand le capteur nous détectait, puis nous rentrions dans l’écluse, et là, si nous étions en montant, il n’y avait personne pour prendre nos amarres ; alors Pierre débarquait avant l’écluse, montait les escaliers et attrapait nos câblots. Pour les écluses descendantes, c’était la facilité, nous faisions des loupes sur les bollards et laissions aller du câblot. Pour partir l’automation il y avait un bouton à pousser ou une tirette.

En après-midi, nous arrêtions tôt, pour pouvoir visiter la ville, les châteaux, les monuments et trouver l’épicerie naturellement. Nous amarrions dans des haltes nautiques ou sur le coté du canal.

Tous les matins, Léo et Pierre allaient visiter la boulangère, pains de toutes sortes transitaient par le bateau. Et c’était la fête des estomacs chaque jour même si nous nous sommes mis au végétarisme avec l’équipage. Il faut dire que Pierre et Léo sont de bons cuisiniers gourmets. On ne pense qu’à cela manger sur le bateau. Et nous avons fait aussi des tartinades en conserve, avec les fruits du moment : fraises, cerises de France, et dernièrement guedelles qui attendaient d’être cueillies sur le bord d’un quai.

Fin juin début juillet, le thermomètre a surchauffé, et nous aussi. Jusqu’à 35 et 37 degrés Centigrade. Nous cherchions l’ombre aussitôt arrêté, et nous naviguions avec notre grand taud (pare-soleil) même dans les écluses. Puis un orage de nuit (la première pluie depuis le départ), est passé après 5 jours, et la température est maintenant 22 à 30 degrés avec des nuages éparpillés, ce qui est beaucoup plus tolérable.

Pierre et Dominique nous ont quitté hier le 6 juillet. Ils sont repartis avec leurs vélos chargés de 35 à 40 kg, tentes, sacs de couchage, matelas, eau, vêtements et divers. Ils repartent vers le nord-est, puis vers le nord pour rejoindre l’ouest et la Bretagne puis la Normandie. Nous les trouvons courageux alors que nous on se considère peinards d’avancer sans efforts. Bye Bye petite sœur. A bientôt Pierre. On se reverra dans le sud de la France en septembre.

13 Juillet 2006 – Tournus - France

La route d’eau continue. A 3 à 5 noeuds, nous glissons, arrêtons, ralentissons, trématons, sur de l’eau brunâtre. Les bords des canaux, sont garnis de plantes et fleurs sauvages, de grands arbres. Plus loin des champs, pâturages, cultures de mais, blé, orge, tournesol, vignes. Nous passons de jolis villages aux allures médiévales, des ponts, des ponts-canaux, et des écluses. Ces dernières nous montent ou nous descendent de 2 à 5 mètres. Les éclusiers sont soit des femmes, ou hommes, ou jeunes filles et jeunes hommes (travail saisonnier), mais ce sont des fonctionnaires. Les permanents ont la maison fournie. Quelques uns sont très avenants, prenant nos amarres, d’autres nous laissent nous débrouiller seuls et je dois monter l’échelle pleine d’algues pour aller attacher les amarres. heureusement dans les écluses très hautes, ils prennent nos câblots avec un filin muni d’un crochet.

Nous passons par de nombreux villages avec des bâtisses médiévales. Plus loin des champs de pâturage et de cultures de mais, blé, orge, tournesol, et vignes.

Voilà un dragon, une centrale nucléaire crachant ses fumées blanchâtres. Contrairement à celle de Gentilly au Québec, les alentours immédiats sont habités, cultivés.

Les gens des autres bateaux, sont surtout de partout de la communauté européenne, gens du nord, Angleterre, Norvège, Hollande, Belgique, Suède. La majorité va vers le sud, vers la Méditerranée. Il y a beaucoup de bateaux de location, canalous, ou boom boat, ces derniers frappant les entrées d’écluses d’un bord et de l’autre. Je n’aime pas être en avant d’eux.

Quelques rares journées, il y a des nuages, ce qui n’est pas pour nous déplaire ; mais le soleil est toujours là, le thermomètre oscillant le jour entre 28 et 35. Nous sommes cuits. Et l’eau du canal n’est pas attirante pour s’y plonger.

11h45, nous entrons dans une écluse et l’éclusier nous offre pain frais du matin et vin de Sancerre cuvée 2005, ce que nous achetons. Puis après l’éclusée, nous nous amarrons sur un bollard, mais je devrais dire nous échouons car il y a moins de profondeur sur les bords. Mais aucun bateau ne passera car l’éclusage ferme de midi à 13 heures. Puis marchons 300 mètres pour visiter une chèvrerie et y acheter du Crotin de Chavignol de 3 âges différents. Un euro vingt-cinq chaque. Retour au bateau et que mangerons-nous pour dîner ! Fromages et vin et pain. Et pour dessert une cantaloup mûrie à point et dégoulinante de saveur et de jus. Départ pour l’écluse suivante située à 5 km. Ce sera notre cinquième de la journée, et après les deux prochaines, arrêt à une halte nautique, qui nous coûtera de 0 à 9 euro, eau, électricité et douches, incluses ou pas, présentes ou pas. Les haltes sont quelques fois très simples, quelques bollards, et d’autres fois, très organisées avec tables, fleurs, arbres tant recherchés pour l’ombre. D’autres arrêts se font tout simplement le long du canal, attaché à des arbres ou piquets plantés par nous.Il n’y a pas de circulation de nuit, les écluses fermant à 21 heures.

Voilà la route d’eau se poursuit. Le lendemain, nous devons prendre patience derrière une péniche commerciale qui avance à 2-3 noeuds. Nous ne pouvons trémater, le canal étant étroit et la péniche manoeuvrant difficilement. Voilà l’épicerie, fermée comme tous les commerces, le dimanche. Super cela donne un jour différent des autres.Les gens relaxent et profitent de ce jour de congé de magasinage.

Arrivons à un petit village où nous nous échouons. Les défenses ont un congé ayant très travaillées dans les écluses, évitant à Borée de perdre sa peinture sur les murs de pierres et ciments; régulièrement elles deviennent plates et reprennent leurs formes après coups et écrasages.

Ce soir vers vingt heures, tartiflette à l’emmental, pain frais, et nous irons au bar sis à environ cent mètres pour voir la finale de soccer, France contre Italie. Le bar est plein, ça mange, ça boit raisonnablement, ça rie, hurle, siffle. Malheureusement le France perd sur tirs au but après égalité. C’est la déconfiture. Il n’y aura pas fête ce soir, avec cris, klaxons et pétards toute la nuit comme aux matchs précédents. Nous dormirons bien. Mais la France est abattue.

Nous avons 76 écluses passées sur 175 à traverser. Cela après 3 semaines. Ce soir nous nous arrêterons et demain direction Digoin pour la fête nationale. Tout sera fermé, écluses comprises...

Ce fut le 14 juillet, la fête des français à Digoin. Des feux d’artifice à profusion sur le pont canal après une parade aux flambeaux dans la Loire, puis le bal dans les rues. Et toujours beaucoup de chaleurs même à 22 heures et sous les étoiles.

Mais retour à la veille à l’écluse no 5 en montant. Le jeune éclusier a ouvert les vannes d’eau à plein rendement. Alors nous n’avons pas eu le temps de reprendre le mou des amarres alors que le bateau montait rapidement,les remous poussant sur la quille longue, le devant de Borée est allé se frapper sur bâbord tandis que le tribord arrière allait cogner le coté opposé de l’écluse. Petits dommages (ferrure d’ancre croches) mais grandes peurs, adrénaline et gros efforts infructueux. Ouf! Nous en sommes restés plus nerveux pour les bassinages subséquents. Ouf!! Oh là la..

Donc depuis Paris ce fut la Seine, puis le canal latéral au Loing, puis canal latéral à la Loire, puis direction vers le nord sur le canal du Centre qui mène au Saône. Dans tout cela encore des écluses souvent séparées par peu de distance, 0.5, 0.8. 1.0, 2.3.8 km. Escaliers en montant pour arriver à 303 mètres au dessus du niveau de la mer, puis on repart en avalant. C’est beaucoup plus facile de prendre les bassinages en descendant. Pour couronner le tout, une superbe écluse de 10 mètres de haut. Nous étions dans l’enceinte et nous nous sentions minus dans ce trou profond. Après quelques minutes, les grandes portes accordéons métalliques (sur la hauteur) se sont glissées vers le haut et sommes passés sous ces tonnes de fer dégoulinantes d’eau. Et nous voilà rendu sur le Saône, large rivière avec bouées (à ne pas oublier les couleurs des bouées sont inversées par rapport à celle de l’Amérique). Cela fait différent de ne plus naviguer dans les canaux, étroits et tortueux. Et nous pouvons nous baigner car le thermomètre frise toujours 40 degrés en après-midi et soirée. La canicule est là et cela ne relâche pas depuis trois semaines. Merci à mon fils Hugo d’avoir oublié son petit ventilateur, cela nous permet de survivre.

Sommes arrêtés 2 jours à Chalon sur Seine, sortions le matin tôt et le soir. C’était le festival des spectacles de rue. Partout, les avenues, rues, étaient grouillantes d’artistes de cirque, de comédiens, de gens, et …de chaleur. Cela m’a donné un petit coup d’ennui de mes enfants, Hugo étant artiste de rue près du Château Frontenac (roue Cyr, acrobates, jongleur et cracheurs de feu).

Maintenant sommes à Tournus, une autre jolie ville dont certains coins datent du onzième siècle et aussi ici une copine française Anne qui nous fera découvrir son coin de pays, sa famille.

Il nous reste peu d’écluses à faire en avalant, de grosses écluses sur le Saône puis ce sera le fleuve Rhône avec des villes comme Lyon. Nous commencions à avoir notre voyage des écluses....180 c’est beaucoup et trop, mais cela nous a fait voyagé au coeur de la France avec notre voilier démâté, et découvrir des coins d’histoire, paysages, villes, villages, marins d’eau douce...Un rêve datant de 30 ans alors que nous étions en France avec notre même voilier Borée.

Alors je vous quitte et j’espère qu’il fait beau et chaud au Québec.  Salutations. Diane et Léo par 34.5 degrés à Tournus, France.., 22 juillet 2006

4 Août 2006 - Avignon Près du pont ...

Le chemin d’eau nous a amené à Tournus dans le Saône. Nous y avons passé 3 jours, visites en automobile avec les parents d’une amie Anne, repas appréciés dans leur jolie maison, où la chaleur était supportable alors que Borée bouillait au soleil. Le thermomètre oscillait entre 28 et 40 degrés à l’ombre. Puis sommes repartis avec des passagers clandestins, Anne, son père Jean-Pierre et une amie Annette. La mère d’Anne, Michèle est venue reprendre son époux et sa fille, 30 km plus loin, après une navigation tranquille et ensoleillée et un pique-nique sous les arbres de Macon pour diner: nous étions incapable de rester sur Borée tant la température était trop chaude.

Ce fut une journée agréable et trop chaude, bercée par le léger roulis de Borée, pas de vent.

Au village suivant de Belleville, France, une québécoise amie d’Annette qui était toujours à bord, est venue nous prendre et avec son mari Christian, nous ont reçu à leur maison-ferme, à 45 minutes de routes sinueuses du port, à travers vignobles, Bourgogne, Beaujolais, collines, forêts, villages. Que de travaux ils ont accomplis pour rendre habitable cette ensemble maison-grange tout de pierres anciennes, de teintes différentes, typiques de la région. Nous avons dégusté apéritifs-pays, vins et repas dans l’enceinte de la cour tout en placottant de ceci et de cela.

Puis, avec Annette, notre copine restée à bord, sommes repartis en descendant, avec quelques éclusées chaque jour, jusqu’à Lyon où nous marcherons, visiterons églises, parcs, ruines romaines, rue St-Jean, rencontrerons des amis d’Annette pour une tournée en auto et un souper sur Borée, alors qu’ il pleut abondamment. Bienvenue pluie qui enfin rafraîchira et arrosera les vignes, jardins, potagers, arbres, fleurs; et humains. Tout souffre de la chaleur et de la sécheresse. Depuis le 25 juin que la pluie ne s’est pas invitée et c’est la canicule. Il faut dire que la veille, j’ai fait la danse de la pluie, et même en Europe, ça marche !!!!!

Puis Annette, la parisienne québécoise, a quitté Borée et son équipage, est partie pour la Suisse, après quatre jours de partage du quotidien, des rires, des amis, une vision différente des paysages, une connaissance de la France.

Merci à Anne, Jean-Pierre et Michèle, France, Christian, Chrystelle, Jean-Marc, Annette, de nous avoir fait découvrir leur coin de pays.

Après Lyon, nous rejoignons le Rhône, fleuve majestueux, large comme à Québec, pas de marée mais du courant de 2 à 3 noeuds, des marinas, du transport commercial plus abondant, de l’eau brune, de grosses écluses descendantes de 10 et même 23 mètres, fleuve qui nous mènera à la mer. Sortons un autre guide nautique Chagnon. Léo s’y plonge pour préparer l’itinéraire de chaque jour avec arrêts dans des marinas ou haltes nautiques qui nous permettent d’accoster avec notre tirant d’eau de 1.5 mètres. Nous avançons de 30 à 60 km par jour plus les écluses, donc navigation de 4 à 7 hres. Escales appréciées pour visiter et refaire plein de bouffes, vins, énergie, baignades. La bicyclette d’Hugo (on dit vélo en France) nous permet de parcourir plus de millages terrestres pour visiter et faire des courses.

Sommes ce jour à St-Etienne des Sorts, village de vignobles Côtes du Rhône (dégustation et achats déjà faits), accostés au ponton du village, collés sur l’église datant du 11 ième siècle, et sur la boulangerie. Léo a trouvé des amandiers pleins de fruits et des mûres sauvages. Vive les tartinades aux mûres à cuisiner bientôt après la cueillette. Outch, ayoye..... Et “il vente à décorner les boeufs”, c’est le mistral, l’air est sec, le temps est clair, et la vague ballote Borée pendant que l’eau nous lance des embruns légers. Il fait soleil, 32 degrés. Léo a doublé les amarres.

On se fera bercer la nuit prochaine... Mais avant lecture, l’apéro, un spaghetti avec sauce maison en pot Masson, arrosé de vins pays, cueillette de mûres, cuisson de la tartinade, empotage... Pauvre voisin arrière belge qui sentira toutes ces bonnes odeurs...

A bientôt, Diane et Léo, perdus en pays de France.Hic...

23 août 2006 - Bonifacio

Nous voilà à nouveau avec quelques miles nautiques ajoutés. Et au Québec, comment est l’ensemble de l’été. Le temps passe vite. “Time fly”..

Depuis la dernière lettre, il y a eu beaucoup de péripéties. Le mistral a tenu presque 2 semaines avec des vents de 25 à 35 noeuds (45 à 70 km par heure). Nous avons continué à descendre le Rhône avec ce vent par l’arrière, fort heureusement, car dans le nez, nous n’aurions pu avancer, et sommes arrivés à Avignon et avons chanté la chanson tout en passant le pont à son extrémité,( 4-5 arches seulement lui reste alors qu’il en avait une vingtaine lors de la construction). Marina avec accostage sur quai de ciment, et montée en ville par des escaliers usées par les marcheurs de nombreux siècles, pour voir Place du Palais, Rocher des Doms, cathédrale, rues, avenues piétones.......Le lendemain après être aller quérir le pain frais, sommes partis pour Arles, mais après 20 km, nous n’avons pu y arrêter. Halte nautique de 7 à 8 places toutes prises, et pas d’autres endroits sécures, à cause du fort courant et de la prodondeur de l’eau. Déception. Continuons pour arriver à Port St-Louis, 40 km plus en aval, avec le mistral et le courant qui nous poussent, poussent. Et une dernière écluse d’environ 1 pied de dénivellation. Mais notre copain Marc nous avise de la difficulté d’y manoeuvrer à cause d’un fort courant arrivant des profondeurs et nous éloignant du quai. La dernière fois il a fait un demi-tour complet. Malgré calculs et préparatifs, manquons notre amarrage, Borée a fait un demi-tour, boum sur l’ancre en proue, et amarrage en sens inversé (heureusement que j’avais laissé des défenses sur babord et sur tribord). Palpitations, papillons. OUF! pas trop de casses. Sortirons de l’écluse en reculant avec le mistral soufflant fortement sur l’arrière. Bravo mon capitaine.

Le.Port St-Louis est la fin de notre voyage dans les canaux de la France. Marina et puis préparatifs pour remâter Borée. Toujours énervant et en plus le vent, le vent.. (30-35 km.). Nous avons pris rendez-vous avec le chantier et le mardi 8, 11 heures, nous nous présentons au port, sous la grue. Tout est prêt et après amarrage et 15 minutes de travail d’équipe avec trois employés, le mât est debout, retenu par ses haubans, étais et pataras. Ouf ! fait et pas de problèmes,et enfin Borée ressemble à un voilier. Et enfin terminé le mât couché en long, dépassant à la proue et à la poupe. Plus de prunes car étant plus bas que la bôme, je m’y cognais régulièrement. Et retour à la marina et installations de la bôme, des voiles après ajustements divers. Et puis l’apéro bien mérité avec les amis français, du ricard.... Souper et encore chute dans la couchette, fatigués, sans connaissance.

Nous dormons beaucoup et profondément, la vie au grand air nous y aidant et les émotions...

Le lendemain, départ pour Marseille après avoir salué les amis lyonnais dont Marc sur Chaconne. Vent près bon plein puis travers, puis arrière. Belle voile pendant 3 à 4 heures, pour aller s’ancrer dans les îles Frioul en face de Marseille. Superbe vue de la ville et des vagues, voiliers, cargos, bateaux-hôtel, forteresses, roches de toutes les teintes entre le brun, les jaunes et oranges.

Pouff! Brouuouu! Nous en avons rêvé d’une baignade mais l’eau est glacée. Allons voir l’ancre en apnée et remontons sur Borée, frigorifiés. La vague continue de nous bercer et même bousculer. Souper avec napperons anti-dérapants, et nuit à se balancer, avec les vagues des immenses traversiers qui passent dans le chenal à l’arrière ou sur le coté babord ou tribord, dépendant de la position de Borée avec vents, surventes et courants... Après déjeuner, départ tôt pour Marseille à une dizaine de kilomètres en espérant qu’il y aura de la place à quai. heureusement oui. Une place en sandwich entre 2 cruisers, devant à quai, avec utilisation de la pendille, ensemble comprenant amarre (récupéré sur le quai et ramené à l’arrière du bateau), attaché à une chaîne retenue par une grosse chaîne mère au fond courant entre les séries de quais parallèles. Avons dû pousser pour réussir à y entrer dans l’espace restant entre 2 bateaux. Ouf! Fait... J’avais mis mon joli short tout blanc et gilet blanc et bleu, et quand le voisin aidant a réussi à passer la pendille, serrée entre les défenses et le bateau, je me suis fait éclabousser de milles gouttelettes brunes. Zut! de zut. Très beau et appétissant...

Quatre jours au vieux port, en plein coeur de Marseille où Pierre, et Domi, ma petite soeur, sont venus nous rejoindre. Visites, marches, Internet, chaleur, soleil, épicerie, repos, nuit non mouvementée et puis promenade en auto à Aix En Provence, où nous sommes allés rencontrer Bernard et Marie-Anne, amis de plus de 15 ans, rencontrés au Vénézuela avec leurs 2 enfants des mêmes âges que les nôtres, revus en Floride, puis à Québec, voyage ensemble au Guatemala, Belize; puis les revoilà en France pour 2 mois pour marier leur fille Elise. Ils retourneront à Margarita pour reprendre leur voilier Maïlys et direction le canal de Panama et le Pacifique.... Nous nous sommes retrouvés et la glace fut vite cassée et avons jasé de voyages, mariages,enfants,avec plaisir et amitiés, autour d’une bonne table et de bons vins. Rencontre formidable et de beaux souvenirs.

Retour à Marseille, provisions, météo et départ pour la Corse avec Pierre et Domi. Traversée houleuse de 30 heures avec vents 25 à 28 noeuds, de travers, mer agitée, creux de 2 à 3 mètres, nuit super étoilée avec voie lactée. Baptême de voile en mer de Pierre, première traversée. Dur..Dur.., et arrivée à Calvi, au pied de la citadelle, pas de place à quai et zut! Bouée disponible, où la mer et le vent continueront de nous brasser. Tombons de sommeil. Mais c’était sans savoir que les corses fêtait la Ste-Marie, avec feux d’artifice vers vingt heures et musique forte et bal des pompiers jusqu’à 4 heures du matin....Et voilà pour notre nuit que nous espérions reposante...

Le lendemain, ce sera la descente à terre et les visites, repas de moules, plage, après avoir sorti des coffres et gonflé le dinghy, c’est-à-dire l’annexe, notre char sur l’eau.

Et maintenant sommes à Ajaccio après du vent dans le nez, se levant vers 10 heures (donc nous à 5 heures pour pouvoir avancer vers le sud-est ), après d’autres mouillages houleux, mal protégés, le cul dans les roches, 40 pieds d’ancre et cablots. Et enfin une place en marina. Ouf...enfin une nuit calme, mais chaude. Le vent est tombé. Il tourne. Mais, pauvre Pierre il continue à sentir le roulis, même à terre.

Les côtes de la Corse sont déchiquetées, abruptes, peu hospitalières, il y a de magnifiques plages surpeuplées, des calangues stupéfiantes. Les côtes sont franches donc on peut longer les falaises majestueuses avec ici et là des chèvres sauvages et de la végétation naine, clairsemée, des arbrisseaux, des fleurs, s’accrochant de leurs racines à cette terre sauvage, malgré les vents, la roche et la sécheresse.

Eh bien! il pleut ce matin...Le vent est faible de secteur ouest... vent idéal mais resterons 2 ours, le temps de visiter, faire des provisions, le lavage, et repas,repos... Puis continuerons pour Bonifacio, 2 jours de mer avec escale-mouillage, puis contournerons la pointe sud de l’île pour remonter sur la côte est. Et le vent sera probablement contre nous...encore... A bientôt Diane, Léo

2 septembre 2006 – Nice, Marina dans le port, soleil, 30 degrés

Voilà, nous avons quitté avant Bonifacio. Et bien c’était super. Entrée époustouflante dans une brèche entre des falaises, dans le vent et les vagues et les bateaux d’excursions, cruisers, pêcheurs; puis plus de vent, car étions entre les falaises abruptes, mais du mouvement partout dans le port, après avoir dépassé le mouillage qui à première vue nous semblait idyllique mais il était plein, venteux et inconfortable, avec des amarres qui couraient entre les bateaux et aussi entre les voiliers et les rochers. Mais heureusement il y avait une pendille disponible à la marina, entre un voilier de 40 pieds et un catamaran de 50 pieds. Etions sur un quai qui nous plongeait directement dans terraces, cafés, restaurants, patisseries, odeurs, odeurs.... De 7hres du matin à 3 heures le lendemain matin, les touristes bougent, magasinent, marchent et mangent ici, soupent à 21 heures et se couchent à 3 heures du matin. Nous sommes au coeur de l’activité et c’est fantastique, mais notre sommeil est un peu perturbé. Du quai et de la rue adjacente, montons à la haute ville, sur le pic rocheux nous surplombant d’environ 200 mètres, avec ses dédales de vieilles rues, maisons, église, produits pays, restaurants, et surtout exceptionnel, une partie de la ville repose sur des avancées rocheuses avec le vide comme fondations. Visions à vous couper le souffle Ouf!. Nous avons marchés tout le pourtour de ce roc géant coiffé de maisons. Magnifiques aussi les nombreuses vues panoramiques sur la mer et au loin, les petites îles de Lavetti qui seront notre prochaine escale. Là, au matin, ancrerons parmi 4 à 5 bateaux, plages magnifiques et tranquilles. Mais.... après quelques heures, il y a une trentaine de bateaux, la plage est bondée, le mouillage est bondé. C’est la folie... Baignades et descente à terre, parmi d’énormes roches enchevêtrées et comme bousculées par des géants, une végétation pauvre, quelques fleurs de sable, et des centaines de petites baies, crevasses, plages. Nuit venteuse et le lendemain, voile et moteur pour retourner sur la côte est. Mouillages protégées et de bonne tenue, plages bondées de beaux corps cuisants et luisants sous les rayons du dieu soleil. Plein d’enfants, futurs ingénieurs, paysagistes, marins, plongeurs. Et de la bouffe...Et tout le monde est beau et heureux…

Nous avons remonté la côte est, doucement de marinas en mouillages. Le paysage est très diffèrent de la côte ouest inhospitalière et rocheuse, il y a ici vallées, collines, cultures, villages, monts sous fond de montagnes éloignées. Le vent est portant de secteur ouest, tout est cool jusqu’au 29 septembre. Ce matin, partons de la marina de Taverna, tôt, pour pouvoir avoir une place au port de Bastia (2 marinas, un coup de vent est annoncé Voiles, puis terminons moteur, vents dans le nez, vagues, embruns.

Arrivée vers 11 heures. Pas de place disponible à la marina, mais ce sera pour l’après-midi, donc le maître du port nous dit de s’ancrer à l’entrée en attente, près des jetées rocheuses. Léo va le voir plus tard en annexe, il y aurait une place mais nous devrons attendre que le vent baisse pour y entrer, la manoeuvre étant risquée, tous les bateaux vaguant, balançants. Entre-temps, l’ancre a chassé 2 à 3 fois, fonds de mauvaise tenue, herbes longues ; d’autres bateaux arrivaient et essayaient de s’ancrer. Le vent forcit, rafales. Deuxième ancre que Léo ira placer en apnée. Puis un autre cablôt sur une énorme roche submergée vers la terre, à l’ouest, à environ 90 degrés d’angle de sa voisine. Et le vent forcit encore 50-60 km par  heure. Toujours pas d’appel des marinas.

Peu de bateaux, trois à quatre, restent au mouillage, vers 19 heures, les ancrent chassent ; ou sont-ils allés.......Nous avons comme voisin un petit voilier d’environ 27 pieds et un jeune couple. Ils ont mis une ancre et un cablôt à terre.

Souper stressé, service dessert coupé par une survente. En avant du bateau, à l’ouest, à environ 50 pieds, il y a la côte rocheuse, puis sur tribord, des bouées délimitant l’aire de baignade. Ces bouées sont reliées à une grosse chaîne mère. Léo decide d’y porter une amarre pour éviter que le voilier soit drossé sur les roches si le vent vient du nord comme prévu. Première tentative râtée car avec le dinghy à rames, il ne peut manoeuvrer et tenir puis laisser aller l’amarre, seul. Il vient me chercher. Nouvel essai mais alors que nous sommes à environ 40 pieds du bateau, super rafale qui couche Borée d’environ 70 degrés. Je stresse pour Pierre qui est à la proue et essaie de garder l’équilibre. Je l’entrevois au travers des embruns salés, un pied en l’air, en équilibre précaire, se retenant à l’étai. Lui stresse pour nous car il a peur que le dinhy se renverse. heureusement nous sommes retenus par le câble, protégé du vent par Borée. Nous nous ramenons rapidement au voilier par le câble que nous n’avons pas encore réussi à passer sur la bouée. Ouf! Adrénaline plus. Pendant ce temps Dominique sauve la vaisselle et le dessert laissé en plan. Il lui manque des mains pour tout attraper.

Quelques minutes plus tard Borée couche à nouveau, jusqu’au pont, sous les embruns. Il se promène en queue de veau au bout de ses trois ancrages. Pendant une accalmie, je réussis à aller passer une amarre sur la bouée choisie, avec le dinghy, alors que le vent nous en avait rapproché. Et là on se prépare pour la nuit, nous ferons des quarts. La marina est oubliée, les mâts y dansant et menant bruits horripilants sous les rafales. Une voile genoa sur enrouleur est déroulée, claquant fortement au vent dans le port. Sommes à environ 150 pieds de là.

Le vent forçit encore. A l’intérieur, sommeil difficile à cause du bruit, des vagues, des coups de gîte. Réveils fréquents. A l’extérieur, l’enfer......sur mer..... Nous entendions venir les rafales par un vroum tonitruant. Une petite vague se formait mais nous n’étions pas loin de la terre, donc la mer ne pouvait pas se former. Les embruns se levaient et s’élevaient. Nous ne pouvions plus rien voir. Puis Dominique et Pierre prennent un quart commun, bien habillés, sous le dodger...

Et oui, nous avons pris notre quart,nous novices sur l’eau. Nous n’étions pas gros sur cette mer en furie. Tout devenait presque calme, trop calme et ensuite un vombrissement et le bruit des mâts qui claquent, les palmiers qui couchaient sur la terre ferme et puis on voyait les grosses rafales venir sur nous. Cela durait une à deux minutes et tout se calmait pour un petit temps jusqu’à la prochaine rafale. Le petit voilier voisin recevait les coups de vents sur le côté et se couchait sur l’eau, car il était amarré par l’avant et par l’arrière; ils ont passé la nuit sur le pont, sans protection; leur dinghy sautait en l’air.
Au large nous apercevions des tornades d’eau qui s’élevaient de la mer et s’éloignaient. Sur la terre des tourbillons de sable qui se dirigeaient sur nous. Lors des rafales de vent, l’eau levait de la mer et s’élevait; tout devenait blanc et la mer était comme illuminée. Ce fut une très longue nuit, nous avions hâte qu’elle finisse et que tout redevienne plus calme. La garde côtière est venu rescaper des gens dans une petite chaloupe au large de notre mouillage, puis a verifié les 3 voiliers restants. Ils nous ont aveuglés de leur projecteur, nous ont aperçus et sont repartis. Le troisième voilier (allemand) a aussi quitté car son ancre chassait continuellement. Ou est-il allé..... Plus tard, Pierre est rentré se coucher car le vent avait diminué un peu et moi je suis reste au guet. Vers 5 heures, j’ai réveillé le capitaine et Diane car le voilier avait fait un tour complet sur lui-même. Léo a alors démêlé les cablots et je suis allé dans ma couchette essayer de dormir un peu. Nuit d’enfer.....et expérience inoubliable. Dominique et Pierre.

Dur, dur. Ce fut. La pire nuit à l’ancrage jamais eu.... L’anémomètre a marqué des pointes de 60 noeuds et c’était son maximum qu’il pouvait inscrire, ce qui veut dire environ 105 km à l’heure. Au matin, Borée était super salé, nos visages aussi, blanchis par le sel. Il y a du sel même sur les barres de flèches. Vers 8 heures, Léo et Pierre sont descendus à terre, et sont allés à l’épicerie. A la marina, sur les dix bateaux qui étaient montés au sec, cinq étaient tombés, enchevêtrements de bateaux et de mâts.

Et toujours pas d’entrée permise à la marina, donc sommes repartis vers le nord et avons dû arrêter quelques milles plus loin, le vent dans le pif étant trop fort, la vague grosse, le voilier n’avançant pas. Ancrage de bonne tenue, dans le sable, un peu de houle (notre tolérance avait augmenté..) devant un joli village pittoresque, visité en après-midi après la baignade en eau claire. Le lendemain, vent faible pour atteindre le dernier port est de la Corse Macinagio, et de là, partîmes pour Nice, avec annonce de vents faibles secteur sud-ouest. Peu de vent, dans le nez, du matin 10 heures du matin à 3 heures de la nuit suivante. Puis allure près bon plein 10 à 15 noeuds, nuit féérique étoilée, et arrivée avec le lever du soleil, vent dans le nez. Entrée tranquille dans le port. Quai temporaire..la capitainerie nous cherche une place, il y aura la fête du Port ce soir.Voilà .A bientôt. Diane et Léo sur Borée.
Nice la belle.

Ouf!! La capitainerie nous a trouvé une place à quai entre 2 voiliers résidents mais pour 2 jours maximum. Nous étions bien contents car la fatigue de la nuit en mer se fait sentir, ce qui ne nous a pas empêché de monter voir les vestiges du vieux château et des anciennes fortifications sur cet énorme rocher. Une bonne heure de marche à travers sentiers, escaliers. Et surprise, un chute d’eau au détour d’un chemin, et zut!! Un kiosque touristique au sommet. Pendant ce temps la fête du Port s’organisait avec 4 orchestres et des immenses hauts parleurs tout autour du port qui a la grandeur du bassin Louise à Québec. Adieu nuit tranquille prévue!!! Visite de la ville puis vers 17 heures, le coup d’envoi de la fête retentit.

Boum mm Et les spectacles sur l’eau commence, avec la parade des pointus, petits bateaux pays, de voiliers, de sea-doo, puis la bataille de jeunes gens montés sur une petite plateforme à l’arrière de chaloupe motorisé qui s’éperonne avec de longues tiges de bois. A qui resterait sur la base pendant que le concurrent adverse tombait à l’eau dans un grand splash.

Puis démonstration de plongeon. Et après des feux d’artifice, projections laser Nous étions aux premières loges, la poupe du bateau face aux divertissements ; et, en sortant du ponton, nous avions un orchestre rap. Après l’apéro, sommes allés trouver un endroit pour manger, Toutes les rues étaient piétonnes et les restaurants, bars, débordaient jusqu’au bassin. Nous avons sautés sur 4 chaises qui venaient de se libérer et l’attente à commencer dans cette ambiance de kermesse. Nous avons réussi à placer une commande à Claire qui se démenait dans ce dédale de table et de gens qui attendaient et demandaient. Ce fut un souper de vin et poissons. Puis nous sommes partis faire la tournée des orchestres, un jazzé, un rock, un moderne hallucinant et retour au rap qui dérape (le seul en langue française, bizarre, on est en France quoi!). Vers minuit trente sommes rentrés au voilier et à une heure tout était tranquille. Les équipes de nettoyage et de démontages commençaient leur travail. Et quelle bonne nuit de sommeil.

Le lendemain déjeuner croissants café et marche dans les rues tranquilles et propres, visite à Monaco par la route tortueuse de la côte avec vues enchanteresses de la mer bleue. Et Léo a commencé des appels pour trouver une marina pour un mois. A la fin de la journée, il avait la face longue et répétait, non, il n’y a pas de place sauf au sec, donc sortir le bateau sur terre. Après une nuit de réflexion, nous partîmes pour aller vers les marinas au sec, direction ouest, pendant que Dominique et Pierre reprenaient la route en vélo.

Voiles et moteur, puis moteur. Bon après vérification du gazole, nous risquons d’en manquer pour atteindre Marseille, donc arrêt à une marina privée de la côte d’Azur, qui ….. peut nous accueillir pour un mois. Youpi, car en plus un bruit moteur inquiète le capitaine; ce sera la pompe à l’eau qui est presque morte…Et pendant la semaine Léo fera la vérification complète du moteur, de la transmission, presse-étoupe pendant que je ferai des retouches peinture, ménage et préparation de bagages. Le dimanche Pierre et Dominique nous rejoignent pour fêter l’anniversaire de Domi avec champagne et gâteau St-Tropez, crème anglaise enserrée entre 2 couches de gâteau, Ouf!!!.

Le lendemain départ en auto puis TGV pour Paris, puis le surlendemain Paris-Montréal. Sommes partis de 28-18 degrés pour arriver à Québec, gel au sol la nuit…après 3 mois de perpétuel été chaud et très chaud sans pluie. Qu’est-ce qu’on fait ici?? Diane et Léo à St-Antoine de Tilly

22 octobre 2006 – Québec / Côte d’Azur

Bien voilà après un saut de trois semaines au Québec, pour la conscience professionnelle de Léo, et le temps de goûter au Québec, à sa température; y avons côtoyé notre fille Indi et son mari... (il faut que je m’habitue à ce nouvel état social). Malheureusement nous avons manqué notre fils Hugo qui est parti 3 jours avant notre arrivée. Il est parti faire tourner des ballons sur son nez, non il est parti s’envoyer en l’air à Las Vegas: trampoline dans le spectacle Love du Cirque du Soleil.

Puis après trois semaines de séjour, et un grand périple en auto, avion jusqu’à Paris, métro, TGV pour Marseille, nuit en hôtel, train, autobus, nous sommes rentrés sur Borée, amarré à Bromes les Mimosas sur la Côte d’Azur. Il fait beau, encore 28 le jour. Léo a installé la nouvelle pompe à eau sur le moteur Perkins; après provisions et bonne météo, partons pour la Tunisie, à 380 milles nautiques. Nous avions décidé que nous suivrions le vent et il est S-W donc favorable. Départ par un matin tranquille, ou l’eau ressemble à un miroir et une petite brume de beau temps flotte dans l’air. Idyllique. Vingt-quatre heures de moteur (météo menteuse!)mais temps superbe, soleil, farniente, brise dans le nez, puis vent de travers et belle voile. Borée glisse sur l’eau puisqu’il n’y a pas encore de vagues. La nuit, madame pleine lune éclaire la mer. On ne peut avoir de meilleures conditions. Après 3 jours, arrivée à Bizerte, à la marina, amarrage sur pendille. Douanes, et immigration spéciale!!

Malheureusement nous sommes pendant le ramadan et cela durera encore 3 semaines. Alors la ville est morte, pas de restaurants ni de cafés ouverts, sauf après le coucher du soleil. Les marchés sont heureusement ouverts. Au dîner, nous devons nous cacher pour manger. Alors faisons le sport préféré des touristes, marchons la ville de long en large. Puis prenons le bus pour aller visiter Tunis, ses rues, son souk, la marina à Sidi bou Saïd. Quelques cafés sont ouverts à Tunis mais alors que nous y sommes assis, un homme très bien bâti vient engueuler le proprio parce qu’il sert du café ( à vue ); par contre les autres cafés sont cachées derrière des portes légèrement entrouvertes et c’est plein d’infidèles.

Après 5 jours décidons de partir pour la Sardeigne, nous en avons assez de cette atmosphère et pendant que le vent est favorable (supposé tourné nord après demain), nous partons vers le nord, destination la Sardaigne. Après avoir reçu nos papiers de l’immigration, départ vers midi. A la sortie du port, nous avons été accompagnées pendant une vingtaine de minutes, par un petit cargo, sans drapeau, mais il appartient probablement aux autorités car il est propre, il y a des militaires armés et on est scruté aux lunettes d’approche! Ils doivent avoir un oeil sur notre dîner!!!...

Les premiers trois heures de route, vent arrière, voile en ciseaux, soleil, furent idylliques. Puis un gros grain à l’horizon. Le temps de mettre les imperméables, d’enlever le tangon du foc, d’enrouler le foc en partie, de baisser la grande voile, et la première rafale nous frappe et couche Borée. Ouf quel coup! Et l’orage, la pluie et la grêle!!. La mer est blanche. Filons vitesse maximum de la quille avec un bout de mouchoir. Puis après 30 minutes, tout se calme et envoyons les voiles réduites. La nuit est venue et ce fut une veille serrée, car nous étions entourés d’orages et avons dû diminuer la voilure à maintes occasions. Météo menteuse.

Le matin, longions la Sardeigne sous la pluie et une visibilité réduite, avec notre route sur ordinateur. Arrivée vers midi, à Carloforte, un joli village sur une petite île adjacente à la Sardaigne. Sommes amarrés sur pendille mais en plein coeur de ce patelin, quai adjacent à de grands espaces fleuris avec des arbres, place publique. C’est beau, vivant, les gens sont souriants, c’est l’été, la nuit a été dure, nous sommes fatigués. Souper, du vin, une marche, achat d’un pain frais. Tous les gens sont dehors dans les rues, ça parle, ça rie, les enfants courent partout, les ados s’excitent sur leur scooter... Dodo à 20 heures jusqu’au lendemain 8 heures.

Puis après avoir tout marcher, tout visiter, rencontrer des amis-bateau, repartons vers l’est, vers les Baléares; il est 2 heures du matin, la nuit a été courte, 3 heures seulement. La météo annonce des vents S-E force 3 à 4.Contournons l’île par le sud, puis prenons notre course pour les Minorque. Grande voile et foc tangonné, voiles en ciseaux, moteur à faible régime. Les voilent claquent, le vent est trop faible, Borée se dandine. Et là, jusqu’au soir, belle journée, belle voile, bon vent S-E 15 noeuds, vitesse de 5 à 6 noeuds; puis au coucher du soleil, nous décidons de diminuer la voilure pour la nuit et, les nuages montent à l’horizon. Enlevons le tangon, gardons la grande voile, le foc est placé sous le vent de la grande voile bien étarqué.

Commençons nos quarts de sommeil et de vigie. Allumons les feux de position. Dormir est difficile. Ça roule. Même sur le dos, notre corps suit la vague. Sommeil mitigé dans le lit de quart, sous le cockpit, pris entre 2 cloisons, et un peu à l’abri des bruits multiples de tout ce qui change de bord à chaque vague. Cacophonie irritante.

En pleine nuit, alors que de vilains nuages ont caché le ciel étoilé, Léo me réveille. Imperméables, harnais. Nous devons diminuer la voilure, le vent forcit 30-35 noeuds. Météo menteuse. La vague est grosse, énorme, le plancton la fait éclater de blancheur et d’éclats lumineux. Elle déroule, culbute, et les embruns volent. J’en ai pris un gros plein la gueule, en sortant, cela réveille. Diminution du foc au cinquième et de la grande voile à demi avec des tours de rouleau. Puis plus tard, abattons toute la grande voile, le foc est au quart de superficie, Borée surfe sur les vagues. Le vent siffle, hurle, dans les haubans. Le voilier roule et couche quelques fois. Léo continue la vigie à l’extérieur. Je rentre et j’essaie de roupiller. Nous avons perdu le sommeil au dernier coup de gîte, tombé à l’eau peut-être... A l’intérieur, c’est moins effrayant même si tout bouge et c’est la cacophonie à qui mieux mieux. Le bruit du vent, de la vague, est amorti. Vite que le jour se lève, car la nuit est très noire.

9 heures. Ciel couvert. Vitesse de 5 à 6 noeuds avec le demi-foc. Borée est mouillé et salé, à l’extérieur. L’intérieur est sec, sauf les imperméables et le plancher. Tout bouge. Des centaines de bruit à chaque roulis, malgré que j’ai utilisé toutes les serviettes pour coincer ici et là. Puis soleil timide au coin d’un nuage. Il reste 30 milles à faire sur les 190 du départ. Je suis fatiguée, la nuit a été dure. Quelles sortes de masochistes sommes-nous pour se donner de la misère de mer !!! Bang! une déferlante vient de frapper la poupe de plein fouet. Le pilote automatique tient la route et le coup depuis le départ. heureusement, c’est le seul barreur qui ne se fatigue jamais, qui tient le cap, qui ne s’endort pas et ne fait pas de manoeuvres facheuses. J’ai compté environ 600 coups de roulis à l’heure, pendant 37 heures, cela fait...

Bon, sommes arrivés enfin à Mahon ou Mao, sur l’ile de Minorque, coté Est, vers 15 heures. La mer brisait de toutes les côtes sur les rochers, à l’entrée de ce grand port de mer. Nous avons pris le temps de faire le tour du port, pour revenir vers la ville, marina. Fatigués, fatigués, fatigués! Préparons un souper, vidons une bouteille de vin, douches, et dodo jusqu’au lendemain. Marches, visites, ravitaillement, Internet, autobus, étude de l’espagnol, lavage.

Mahon, belle ville très touristique, mais tranquille à ce temps de l’année. Plusieurs restaurants sont fermés sur la promenade de mer. Il fait encore chaud, 25 le jour, 21 la nuit. Après 3 jours, quittons pour un petit port de pêche au nord-ouest, Fornell, 15 milles. Vent au près puis dans le nez. Beau soleil. Arrivée, amarrage sur pendille. Nous sommes en plein coeur de ce petit village, terrasses, bar-café, épicerie, restaurants dont plusieurs sont fermés, peu de touristes. Je saute à l’eau avec palmes et masques pour vérifier la coque. Il y a du corail près de la ligne de flottaison et sous la quille, endroits ou il y a peu ou plus de peinture anti-salissure. J’en gratte un peu. Une petite mousse a poussé sur le reste de la coque. Pendant ce temps, Léo à plein ventre sur le moteur enlève la transmission, qui coule, goutte à goutte. Réparation, tant qu’à y être, changement des disques usés, et demain, réinstallation du tout.

Attendons vent favorable pour aller vers Majorque. Dans 2 jours peut-être...Entre-temps, peut-être irons-nous à Ciutadella, pointe est de Menorca.
Au revoir. Diane et Léo sur Borée aux Baléares.

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Mise à jour: 2007-03-06